Pourquoi il faut augmenter les minima sociaux ?

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Type de contenu : Partages d'expérience/Projets
Les incontournables : A lire en priorité
Type d'auteurs : Associations
Année : 2020
Langue : Français
Auteur.e.s : Secours Catholique
Mots clés : solidarité
Mots clés :
Résumé/Remarque : Edito par Vincent Destival, DG du Secours Catholique- Caritas France

Pour un revenu minimum sans contreparties !

Neuf euros par jour et par personne une fois payés le loyer, l'eau, l?énergie ! La moitié des familles qui poussent les portes du Secours Catholique pour demander une aide financière disposent de moins de 9 euros pour faire face à aux dépenses du quotidien. C?est sans doute bien loin de la représentation que nous nous faisons spontanément de la situation des personnes en précarité. Alors n?est-il pas temps de revoir les présupposés qui guident la réflexion sur les politiques publiques de lutte contre la pauvreté, selon lesquels il faudrait que les minima sociaux ne soient pas trop élevés pour pousser ceux qui les perçoivent à se bouger, et que ces derniers aient des obligations à remplir pour justifier la perception d'une allocation ? La période de confinement nous a montré avec encore plus d'acuité l'énergie dont doivent faire preuve les personnes qui perçoivent les minima sociaux pour s'en sortir. Ils nous ont sollicités, tous ceux qui habituellement vivent de petits boulots plus ou moins officiels. Arrivant tout juste à s'en sortir avant le confinement, ils ont brutalement basculé dans la grande pauvreté. Ce que nous avons vu en accéléré pendant le confinement, nous le voyons tous les jours. Boucler son budget lorsqu'on vit avec le RSA est le plus souvent une prouesse quotidienne : il suffit d'une maladie, d'une dépense imprévue pour que l'équilibre soit rompu. Non, le niveau du RSA ne permet pas de vivre dignement ; il permet à peine de survivre. Et si le niveau du RSA permet tout juste de survivre, quel sens cela a-t-il de demander des contreparties aux personnes qui le perçoivent ? Comment peut-on demander à quelqu?un de s?investir dans un projet d?insertion lorsque chaque jour est un combat ? Or aujourd?hui, celui qui perçoit le RSA doit prendre des engagements consignés dans un contrat avec Pôle emploi ou avec les services des conseils départementaux. Lorsque le contrat n'est pas respecté, l'allocation peut être réduite de moitié, voire de 80 %. Et c?est ce qui arrive chaque année à 115 000 foyers, soit 234 000 hommes, femmes et enfants. Voilà pourquoi nous demandons un revenu minimum sans contreparties, qui permette à ceux qui le perçoivent de vivre dignement pour pouvoir envisager un avenir. Nous demandons aussi que ce revenu soit ouvert aux jeunes, car ce sont les plus durement touchés par la pauvreté en France et les premières victimes de la crise sanitaire. Nous demandons enfin que le droit à l'accompagnement prévu par la stratégie de lutte contre la pauvreté soit effectivement mis en place. Des réponses sont plus que jamais nécessaires pour garantir la cohésion de notre société au moment où la pauvreté augmente du fait de la crise sanitaire.