Débat-rencontre : l’agriculture dans la campagne … présidentielle

 

 

 

Bousculé dans ses fondements démographiques, territoriaux, économiques et politiques, le secteur agricole est dans la tourmente. La plongée des prix des volailles, du porc puis du lait, la récurrence de crises sanitaires, les fluctuations des cours mondiaux des céréales, la remontée des prix du pétrole sont autant de facteurs économiques qui mettent en danger la survie des exploitations françaises, déstructurent les filières agro-alimentaires et exacerbent le sentiment de mal-être et d’injustice dans les campagnes. Cette angoisse ne saurait s’expliquer par de simples crises conjoncturelles. Elle s’incarne aussi dans le portrait d’agriculteurs frappés d’un sentiment d’isolement et menacés de déclassement social. Actifs ou retraités, de nombreux ressortissants agricoles bénéficient aujourd’hui des minima sociaux et beaucoup reste encore à faire en faveur d’un emploi féminin insuffisamment reconnu. A des situations de précarisation et de non reconnaissance s’ajoutent également des conditions d’acquisition du foncier moins favorables.

Parallèlement, la PAC de 2014 et les discussions déjà entamées à Bruxelles pour la réforme d’après 2020 révèlent l’importance de l’agriculture pour l’ensemble de l’Union européenne et le désarroi des pouvoirs publics face aux enjeux agricoles, désarroi accentué par la perspective prochaine du Brexit. Les attentes sociétales et les injonctions assignées à l’agriculture sont nombreuses et souvent contradictoires : produire bon, sain, pas cher, assurer la sécurité alimentaire, être compétitif à l’international, mais aussi entretenir et protéger l’environnement, participer à la lutte contre le changement climatique, maintenir l’emploi en milieu rural, etc.

La dépendance aux subventions publiques questionnant leur statut de producteurs, les contraintes administratives et règlementaires inadaptées, mal comprises, perçues comme inéquitables… sont également autant d’éléments aux sources du trouble identitaire qui affecte nombre d’agriculteurs. En même temps, des initiatives émergent et se développent dans des filières de qualité, autour de nouveaux dispositifs d’installation, l’agriculture biologique et les circuits courts, l’agriculture numérique ou de firme. Les perspectives sont parfois fragiles et débattues, mais elles dessinent une facette innovante, attractive et parfois urbaine de l’agriculture.

Quelle est la vision  des candidats à la présidentielle sur l’avenir de l’agriculture française et européenne dans ce contexte ? Quels rôles assigner au secteur agricole et agro-alimentaire ? Faut-il promouvoir d’autres modèles agricoles ? Peut-on proposer des politiques publiques radicalement différentes ? Après 2017, que restera-t-il du projet « agro-écologique » et du « produire autrement » ? Comment prendre en compte les difficultés du monde rural et les aspirations de nouveaux agriculteurs d’origines et parcours plus divers ?

23 février 2017, 15h-18h au CERI-Sciences Po, 56 rue Jacob (attention au changement d’adresse)

Inscription obligatoire : https://goo.gl/mDJU9X

Déroulement détaillé

15h-15h30 – Introduction

Brève présentation des invités et des objectifs de la rencontre (5mn)

Présentation introductive sur l’évolution du poids et des orientations de l’électorat agricole et rural en lien avec les présidentielles : F.Purseigle et J. Fourquet (IFOP) (10mn)

15h30 – 17h30 – Débats

Les débats seront organisés chacun sur 20 minutes et seront introduits par un court rappel de faits et chiffres marquants présentés par les animateurs. Les invités seront conviés à préciser les axes qu’ils souhaitent privilégier sur les thèmes en discussion et les moyens qu’ils comptent mettre en œuvre (dans leur positionnement dans leur projet national et vis à vis des politiques internationales). `

Entreprises agricoles et coexistence des formes agricultures

Y a-t-il encore selon vous un modèle d’exploitation agricole à la française ? Quel(s) type(s) d’exploitations souhaitez-vous accompagner voire défendre ? Quels sont vos projets pour accompagner les structures d’exploitations et faciliter l’accès au foncier ? Quel(s) projet(s) pour quel(s) type(s) d’exploitation agricole ? Devant l’arrivée de nouveaux investisseurs en agriculture, doit-on renforcer la réglementation dans l’accès à la profession agricole ? Quel regard portez-vous sur les débats autour du statut d’agriculteur ? Faut-il maintenir la coexistence des formes d’agriculture ou souhaitez-vous privilégier certaines formes, si oui lesquelles ?

Environnement/Bien être animal/Alimentation (les grands enjeux portés par la société)

Quelles recommandations souhaitez-vous faire pour une meilleure articulation entre exigences environnementales, alimentaires et production agricole ? Quelles sont les contraintes (compétitivité externe, coûts,…) et les opportunités (croissance verte, qualité, emplois,…) d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement ? Que deviendra le projet agroécologique ? Des modes de production doivent-ils être privilégiés ? (bio/conventionnel) Comment comptez-vous intégrer les nouveaux enjeux portés par la société et les médias : bien être animal, protection phytosanitaire, alimentation saine ? Comment concilier la lutte contre le gaspillage alimentaire et la production agricole ?

 

  • La France dans l’Europe et la PAC
  • Quelles évolutions de la PAC ?
  • Quelles positions sur les accords de libre échange ?
  • Quelles visions sur agriculture et développement ?

Les aides à l’agriculture et le budget de la PAC

Les aides du premier pilier de la PAC sont aujourd’hui sur la sellette : trop coûteuses, pas efficaces, encore trop injustes et pas assez vertes. Mais le monde agricole est aussi inquiet d’une possible réduction du budget de la PAC qui pourrait se traduire par moins de soutiens et des difficultés économiques encore plus grandes. Que proposez-vous pour soutenir l’agriculture en France et en Europe ?

L’agriculture dans le concert des nations

Comment souhaitez-vous porter la question agricole dans les négociations internationales ? Après le Brexit, comment repenser la politique agricole commune ?  Avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, quelles relations avec les Etats-Unis envisagez-vous ?

Gestion des crises (économiques, sociales et climatiques) et des incertitudes

Des dispositifs de politiques économiques suffiront-ils pour répondre aux situations de crises et d’incertitudes qui caractérisent les mondes agricoles ? Face aux difficultés rencontrées par certains exploitants agricoles, pensez-vous mettre en place des dispositifs de sortie de la profession et de reconversion professionnelle ? Sous quelles conditions envisagez-vous le renouvellement des générations dans l’agriculture, l’insertion dans les métiers mais également les départs ? Dans quelle mesure souhaitez-vous puiser dans des initiatives locales pour nourrir votre programme ? Face aux crises climatiques et à la volatilité des cours, souhaitez-vous promouvoir des mécanismes assurantiels spécifiques à l’agriculture ?

L’organisation des filières agro-alimentaire et des marchés agricoles

Face à l’instabilité des prix et aux difficultés des agriculteurs à maintenir ou renforcer leurs marges dans les filières, quelles propositions faire pour la régulation des marchés agricoles ? Comment débattre de la répartition de la valeur ajoutée le long des filières et en particulier les relations avec la grande distribution ? Quel doit être le rôle des interprofessions, de la contractualisation et des organisations des producteurs, circuits courts ?