Pour lever sa dépendance aux herbes naturelles, l'agro éleveur peut jouer sur le foncier, en mettant en place des cultures fourragères sur les surfaces disponibles ou en développant celles déjà existantes. Il a accès à des surfaces de tanety non cultivés, à raison de 0,8 ha, cependant, les sols sont dégradés et les rendements sont bas.
Les contraintes liées au calage de la courbe de lactation à l'offre fourragère peuvent se résoudre par exemple en décalant les dates de vêlage. La production réelle du troupeau est ainsi améliorée, en limitant la période problématique où les besoins des vaches en lactation ne sont pas couverts, sous réserve de pouvoir améliorer la ration (culture de fourrages plus riches ou herbes de meilleure qualité pendant la période problématique).
Le producteur cherche à améliorer sa production laitière en couvrant mieux les besoins de production de leurs vaches, et à produire plus en saison sèche car le lait est mieux rémunéré à cette époque. Il cherche également à être autosuffisant en fourrages en saison sèche pour diminuer le coût de collecte des herbes naturelles dans les marais, qui lui permettrait également de diminuer sa main d'œuvre. Pour cela, il souhaite développer des surfaces fourragères. Le producteur a comme projet de cultiver des fourrages de contre-saison en SCV sur terres fertiles et envisage de cultiver des TAC à base de fourrages de saison humide restructurants (Brachiaria et/ou Stylosanthès en pur ou en SCV), ce qui permettrait également d'améliorer ses sols de tanety dégradés.

Des innovations avec insertion de TAC sont donc déjà envisagées de prime abord dans les projets d'évolution des agro-éleveurs qui ont eu connaissance de ces techniques. Cependant, il a été observé que les exploitants manquaient de savoir-faire concernant la configuration des SCV (assolements et rotations préconisés, itinéraire technique précis, etc.) et la valorisation raisonnée de la biomasse fourragère. Les scénarii de référence ont donc été construits avec intervention de conseillers locaux.
L'agro-éleveur attend alors de la démarche qu'elle l'aide à valider ou infirmer leurs choix stratégiques d'évolution, notamment en ce qui concerne sa capacité d'affouragement en saison sèche, ou qu'elle lui fournisse de nouvelles idées d'évolution.
Les scenarii alternatifs
Les deux scénarios alternatifs visent à l'autonomie fourragère en saison sèche.
Le premier projet consiste à cultiver de la vesce sur RI en contre-saison et à implanter des SCV à base de Stylosanthès et de Brachiaria sur les tanety dégradés.
Le but est d'assurer l'affouragement en saison sèche, avec de la vesce exportable en fin de saison et du foin de Brachiaria et Stylosanthès. La culture d'arachide en association avec le Stylosanthès fournit des fanes pour les vaches en début de saison sèche (avril à juin).
Le second projet diffère par l'installation d'avoine en association avec la vesce sur la même surface de RI. L'avoine sert également à affourager les vaches pendant la saison sèche (juin à octobre). De plus, il n'y a plus de culture de Brachiaria mais uniquement de Stylosanthès sur les tanety dégradés car l'avoine remplace le Brachiaria en termes d'apports nutritifs. Le Stylosanthès est distribué en foin pendant la saison sèche.

Auteurs : Claire FASSINO et Éva MAIRE
Superviseurs : Pierre-Yves LE GAL, Stéphane de TOURDONNET et Sarah Clerquin
