L'analyse et la gestion du risque phytosanitaire : Quels sont les connaissances scientifiques et les outils indispensables ?

Les différents objectifs de lutte

Les objectifs de la lutte à mettre en place vont différer selon l'organisme nuisible ciblé, la gravité de son impact, le contexte agro-écologique de la zone infestée/menacée, la prévalence et la répartition géographique de l'organisme nuisible à sa première détection.

On peut schématiser les différentes options de gestion et niveaux d'intervention possibles par le schéma ci-dessous (termes issus de la norme n°5 de la CIPV):

Le schéma présente les niveaux d'intervention requis selon les objectifs de gestion fixés. Une flèche centrale orientée de bas en haut schématise les niveaux croissants de gestion et d'intervention. Les objectifs de gestion sont indiqués à gauche de la flèche et les niveaux d'intervention correspondant à droite de celle-ci. Quatre niveaux distincts sont présentés. Le premier niveau correspond à une zone de présence de l'organisme nuisible. En regard, aucune action spécifique de gestion n'est proposée, l'utilisation de variétés tolérantes ou résistantes pouvant être proposée pour réduire l'impact économique. Le second niveau correspondant à la mise en place de zones à faible prévalence requiert des actions d'enrayement (arrachages ciblés, traitements phytosanitaires, actions de lutte biologique et/ou captures selon l'organisme impliqué, mise en place de pratiques culturales spécifiques). Le 3ème niveau concerne la mise en place de zones tampons et correspond, en terme d'intervention, à une stratégie de suppression, impliquant des arrachages ciblés ou massifs, des traitements phytosanitaires, des campagnes de capture ou la mise en place d'une lutte biologique. Enfin, le quatrième niveau vise à établir des zones exemptes de l'organisme nuisible considéré. Il s'agit donc de mettre en place une stratégie d'éradication impliquant des arrachages massifs et dans certains cas, des traitements phytosanitaires.
Différents objectifs de gestion et niveaux d'intervention
  • L'éradication vise à éliminer l'organisme nuisible d'une zone entière (la zone peut être un pays ou une partie de pays ou encore plusieurs pays). Les mesures phytosanitaires mises en œuvre sont particulièrement drastiques. L'éradication n'est généralement tentée que si la prévalence de l'organisme nuisible au moment de sa première détection dans la zone est limitée et que sa répartition géographique est restreinte.

  • La suppression vise à réduire les populations d'un organisme nuisible dans une zone infestée. C'est typiquement la situation des zones dites « à faible prévalence ». Il s'agit le plus souvent de maintenir les populations de l'organisme nuisible à un niveau permettant de maintenir une production agricole ou pour lequel on considère que l'impact environnemental et/ou sociétal est acceptable.

  • L'enrayement correspond à l'application de mesures phytosanitaires dans ou autour une zone infestée afin de prévenir la dissémination de l'organisme nuisible. Il s'agit donc d'éviter l'établissement de l'organisme nuisible dans d'autres zones. Cette stratégie vise généralement à protéger une zone exempte par l'utilisation de « zones tampon ». Les mesures mises en place doivent être suffisamment strictes pour réellement empêcher la dissémination de l'organisme.

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