L'analyse et la gestion du risque phytosanitaire : Quels sont les connaissances scientifiques et les outils indispensables ?

Modéliser les risques d'introduction en reconstruisant les réseaux d'échanges et de transport

Les études réalisées depuis maintenant de nombreuses années montrent clairement le lien entre échanges de produits végétaux dans le cadre du commerce international et introduction d'organismes nuisibles. Même si les mesures mises en place au niveau international pour éviter les introductions permettent de limiter les risques d'introduction, ceux-ci ne sont pas totalement éliminés.

Le recours à des modèles en réseaux permet de caractériser le mouvement potentiel d'organismes nuisibles via les réseaux d'échanges commerciaux et de transport des principaux végétaux et produits de végétaux. Ces approches, qui commencent à être utilisées, nécessitent de disposer de données précises sur les échanges commerciaux réalisés pour chaque type de végétal ou produit de végétal (origine et destination des produits, fréquence, volumes, types de transport (aérien/maritime) et réseaux de redistribution dans le pays d'arrivée). De plus, les données relatives aux interceptions effectives d'organismes nuisibles permettent de préciser les risques réels d'introduction.

D'autres voies d'entrée potentielles peuvent être importantes à considérer selon le type de plantes échangées et la nature des organismes nuisibles. En effet, au-delà des échanges commerciaux officiels de plants et de produits végétaux, l'introduction d'organismes nuisibles peut aussi être liée au transport illégal de plants (ou produits de végétaux) par des particuliers lors de voyages touristiques à l'étranger notamment.

Remarque

Pouvoir prédire où l'introduction d'un organisme nuisible donné a le plus de risque de se produire constitue un enjeu majeur. Des approches visant à localiser ces zones en modélisant les voies d'échanges et les réseaux de transport sont en cours de développement, notamment aux États Unis et au Canada. Les résultats obtenus montrent qu'il est possible d'identifier des « points chauds » d'introduction (zones à forte densité de population, postes frontières terrestres importants), même si ces estimations apparaissent moyennement robustes à des modifications de certains paramètres du modèle ( Yemshanov et al 2013[1]).

  1. Yemshanov

    Yemshanov, D., Koch, F.H., Ducey, M.J., Siltanen, M., Wilson, K., Koehler, K., 2013. Exploring critical uncertainties in pathway assessments of human-assisted introductions of alien forest species in Canada. Journal of Environmental Management 129, 173-182.

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